En 1990, un comité du Congrès américain a publié un rapport évaluant que des centres psychosociaux avaient détourné entre 40 et 100 millions de dollars [33 à 82 millions d'euros]. Divers centres avaient construit des terrains de tennis et des piscines avec les subventions fédérales destinées à la construction de bâtiments neufs et l'un d'entre eux avait utilisé une subvention fédérale pour embaucher un surveillant de plage et un maître nageur.
L'utilisation abusive de fonds publics a continué malgré le rapport du congrès. En septembre 1998, Medicare a interdit à 80 centres psychosociaux répartis dans neuf états de s'occuper de personnes âgées et de handicapés après que les enquêteurs ont découvert que des patients avaient été facturés 600 à 700 dollars [490 à 570 euros] par jour pour regarder la télévision et jouer au loto au lieu de recevoir des soins.
En 2003, un audit financier a découvert que le centre psychosocial de Kedren en Californie (équivalent français pour CMPP ou centre de jour) avait dépensé 1,4 million de dollars [1,1 million d'euros] pour l'achat d'une Land Rover et d'une Cadillac destinés au président, ainsi que des billets de cinéma pour les employés et des voyages à Las Vegas, à la Nouvelle Orléans, en Géorgie, à Washington D.C. et à Londres.
Le crime dans l'industrie de la santé mentale est loin d'être limité aux questions d'argent. Un examen portant sur plus de 800 condamnations de psychiatres, de psychologues et de psychothérapeutes entre 1998 et 2004 révèle que 43% des condamnations concernaient l'escroquerie, le vol et le détournement, 32% des délits sexuels, 7% des voies de faits sur des patients, 6 % des homicides par négligence et des meurtres et 6 % pour infraction aux lois sur les stupéfiants.
On peut également remarquer avec ironie qu'alors que les psychiatres et psychologues revendiquent le fait d'être les experts du mental et du comportement humain, ils ont le taux le plus élevé de toxicomanie et de suicide au sein de la profession médicale.
Les prescriptions erronées de médicaments et la fraude reliée aux prescriptions sont également choses courantes. Selon un inspecteur chevronné des services de santé de Californie et comme les exemples qui suivent le montrent, une des façons les plus simples de déceler l'escroquerie est de vérifier les registres d'ordonnances des psychiatres.
En mai 2004, le psychiatre new-yorkais David Roemer a plaidé coupable pour une escroquerie aux médicaments envers la compagnie d'assurance-maladie publique. Son escroquerie avait eu pour conséquence une large diffusion dans les rues de narcotiques toxicomanogènes, ainsi que d'autres médicaments. Roemer uvrait avec quatre complices qui recrutaient des bénéficiaires d'assurance-maladie dans les rues et les centres de traitement des drogués. Sur le chemin du bureau de Roemer, on leur donnait de l'argent et on leur disait quels médicaments demander. Roemer leur délivrait alors l'ordonnance. Les recrues allaient chercher les médicaments dans les pharmacies, où les ordonnances étaient servies en utilisant les droits aux caisses d'assurance-maladie. Les pilules étaient remises aux recruteurs qui les revendaient au marché noir. Roemer a été condamné à 10 ans 1/2 de prison et à rembourser plus de 340 000 dollars [277 438 euros] aux caisses d'assurance-maladie.7
La société d'assurance Blue Cross & Blue Shield United du Wisconsin, aux États-Unis, annonce qu'il y a autant de moyens de frauder que « l'esprit criminel peut en inventer».8 |