| | | SCHIZOPHRENIE | | |
| |
| UNE MALADIE QUI RAPPORTE A LA PSYCHIATRIE | |
| | | |
| | | CHAPITRE UN | | |
| Page 2/6 | | |
| |
| S'EN PRENDRE AUX PLUS FRAGILES | | |
| |
|  | | |
La plupart des gens considèrent que la fonction principale de la psychiatrie est de traiter des patients souffrant de troubles mentaux graves, voire mortels. L'état mental le plus grave que l'on puisse diagnostiquer est celui que le psychiatre allemand Emile Kraepelin appela dementia praecox vers la fin du XIXe siècle, et que le psychiatre suisse Eugen Bleuler nomma «schizophrénie» en 1908.
Toutefois, Robert Whitaker, auteur de Fou en Amérique, prétend que les patients qui avaient reçu un diagnostic de dementia praecox de Kraepelin souffraient en fait d'un virus, encephalitis lethargica [inflammation du cerveau causant une léthargie], inconnu des médecins de l'époque : « Ces malades marchaient bizarrement et étaient affectés de tics faciaux, de spasmes musculaires, et de crises soudaines de somnolence. Leurs pupilles réagissaient faiblement à la lumière. Ils bavaient, déglutissaient difficilement, souffraient de constipation chronique et étaient incapables d'accomplir des actions physiques volontaires. »1
La psychiatrie n'a jamais revu les écrits de Kraepelin et réalisé que la schizophrénie était tout simplement un problème physique non diagnostiqué et non traité. «La schizophrénie était un concept trop vital pour revendiquer la légitimité médicale de la profession... On a simplement laissé tomber les symptômes physiques de la maladie... Comme premiers signes distinctifs, il ne restait que les symptômes mentaux: hallucinations, illusions et pensées bizarres », déclare Whitaker.
Les psychiatres continuent d'appeler la «schizophrénie» maladie mentale, en dépit du fait qu'après un siècle de recherches, il n'existe absolument aucune preuve objective qu'il s'agisse d'une anomalie physique du cerveau.
Les neuroleptiques, connus également sous le nom d'antipsychotiques, prescrits pour la prétendue schizophrénie, furent initialement développés en France pour endormir le système nerveux pendant les opérations chirurgicales. Les psychiatres découvrirent très tôt que les neuroleptiques provoquaient le Parkinsonisme et les symptômes d'encephalitis lethargica, problème que Kraepelin avait mal identifié et appelé dementia praecox.2
Les drogues endommagent le système extrapyramidal (réseau vaste et complexe de fibres nerveuses qui modèrent le contrôle moteur), résultant en une rigidité musculaire, des spasmes et divers mouvements involontaires.3
La dyskinésie tardive (dyskinésie, « contraction musculaire anormale », effet secondaire induit par la drogue) est un trouble permanent des mouvements volontaires des lèvres, de la langue, de la mâchoire, des doigts, des orteils et d'autres parties du corps. Elle apparaît au cours de la première année chez 5% des patients traités par neuroleptiques.
Les chercheurs et les psychiatres n'ignoraient pas non plus le risque de SNM (Syndrome neuroleptique malin), une réaction toxique potentiellement fatale provoquant une forte fièvre, une confusion, une agitation et une grande rigidité. On estime à 100000 le nombre de patients américains décédés du SNM. |
| |
| |
| LES RAVAGES DES DROGUES: Les neuroleptiques (antipsychotiques) endommagent le système extrapyramidal (réseau vaste et complexe de fibres nerveuses qui modèrent le contrôle moteur, |
| | |
| résultant en une rigidité musculaire, des spasmes et divers mouvements involontaires. Les muscles du visage et du corps se contractent, les plaçant dans des positions bizarres. |
| |
 | |
|
| |
| Dans une étude s'étalant sur huit années, l'Organisation mondiale de la Santé a découvert que les patients de trois pays économiquement défavorisés, «l'Inde, le Nigeria, et la Colombie se portaient incomparablement mieux que les patients des États-Unis et de quatre autres pays développés». En effet, après cinq années, «64% des patients des pays en voie de développement ne manifestaient plus de symptômes et se portaient bien». À l'opposé, 18% seulement des malades des pays développés se portaient bien.4 Les neuroleptiques ont clairement été impliqués dans le résultat significativement inférieur des pays occidentaux.5
La prise de conscience par le public que les neuroleptiques «causaient fréquemment des dommages irréversibles au cerveau a menacé de faire dérailler entièrement ce bon filon», dit Whitaker. En réponse, de nouveaux médicaments «atypiques» [ayant moins d'effets sur le système extrapyramidal] pour la schizophrénie ont été introduites dans les années 90, annoncés comme ayant des effets secondaires moindres.
Cependant, les nouvelles drogues atypiques ont généré des effets encore plus sévères : cécité, formation de caillots sanguins fatals, arythmie cardiaque (irrégularité), coup de chaleur, dèmes mammaires et galactorrhée, impotence et dysfonctionnement sexuel, modifications sanguines, éruptions cutanées douloureuses, crampes, malformations à la naissance, anxiété et agitation extrême.
Le 20 mai 2003, le New York Times rapportait que les médicaments atypiques pouvaient causer le diabète, et «entraîner la mort dans quelques cas». Le docteur Joseph Deveaugh-Geiss, un professeur associé de psychiatrie à l'Université de Duke, a déclaré que le lien avec le diabète «ressemble beaucoup à ce que nous avons connu vingt-cinq ans auparavant avec la [dyskinésie tardive] ».
De nos jours, la psychiatrie se cramponne avec ténacité à l'idée que les antipsychotiques sont la solution pour la « schizophrénie », en dépit de leurs risques avérés et malgré les études qui montrent que lorsque les patients cessent de prendre des psychotropes atypiques, ils s'améliorent.
|
| |
| |
1. Robert Whitaker, Mad in America : Bad Science, Bad Medicine, and the Enduring Mistreatment of the Mentally Ill (Perseus Publishing, New York, 2002), p. 166. 2. Ibid., p203. 3. Ty C. Colbert, Rape of the Soul. How the Chemical Imbalance Model of Modern Psychiatry has Failed its Patients (Kevco Publishing, California, 2001), p. 106. 4. L. Jeff, "The International Pilot Study of Schizophrenia: Five-Year Follow-Up Findings", Psychological Medicine, Vol. 22, 1992, pp. 131-145; Assen Jablensky, "Schizophrenia : Manifestations, Incidence and Course in Different Cultures, a World Health Organization Ten-Country Study", Psychological Medicine, Supplement, 1992, pp. 1-95. 5. Op. cit., Whitaker, p. 182. | | |
| |
| << Page précédente | | Page suivante >> | |
| | | | | | | | | | | | | |
| |