La dépression :
Le DSM indique que cinq critères sur neuf doivent être remplis pour diagnostiquer la dépression, y compris des critères tels qu'une profonde tristesse, l'apathie, la fatigue, l'agitation, les perturbations du sommeil et des modifications de l'appétit. Certains psychiatres eux-mêmes s'inquiètent de voir se développer cette nouvelle tendance à «transformer en maladie ce qui semble être les hauts et les bas normaux de la vie ».
Pour le docteur de la Harvard Medical School, Joseph Glenmullen, «...les symptômes [de dépression] sont des états émotifs subjectifs, pour lesquels le diagnostic est extrêmement incertain ».
Glenmullen nous indique que les échelles d'évaluation superficielles employées pour diagnostiquer la dépression chez les patients «sont conçues pour correspondre aux effets des médicaments, mettant en valeur les symptômes physiques de la dépression qui répondent le mieux aux antidépresseurs... Bien que le fait d'assigner une valeur numérique à la dépression d'un patient puisse paraître avoir un aspect scientifique, quand on examine les questions posées et les échelles de valeurs utilisées, il s'agit d'évaluations complètement subjectives basées sur les plaintes du patient ou les impressions de l'évaluateur ». 11
Même si on a vu se multiplier nombre de théories biochimiques pour expliquer l'existence d'affections psychiatriques, Joseph Glenmullen, lui, est catégorique : « Rien n'a été prouvé. Tout au contraire. Dans chacun des cas où l'on avait d'abord pensé avoir trouvé un tel déséquilibre, il a été ultérieurement démontré que c'était faux».12
Selon le docteur Ty C. Colbert: «Nous savons que le modèle de déséquilibre chimique appliqué à la maladie mentale n'a jamais été scientifiquement prouvé. De plus, nous avons suffisamment de preuves que les drogues psychiatriques ont une action débilitante. En outre, nous savons également que la recherche sur l'efficacité des médicaments psychotropes est incertaine parce que les tests de médicaments ne mesurent que l'efficacité basée sur la réduction des symptômes, et non pas la guérison. »
Dans son ouvrage, The Complete Guide to Psychiatric Drugs (Guide complet des médicaments psychiatriques) édité en 2000, Edward Drummond, docteur en médecine et directeur médical associé au Seacoast Mental Health Center à Portsmouth dans le New Hampshire, écrit: « Aucune étiologie [cause] biologique n'a jamais pu être établie en ce qui concerne les troubles psychiatriques... Aussi, n'acceptez pas le mythe selon lequel nous pourrions effectuer un "diagnostic précis"... Pas plus que vous ne devriez croire que vos problèmes sont uniquement causés par un "déséquilibre chimique". »
Le professeur Thomas Szasz fait remarquer que « s'il s'avérait par exemple que la schizophrénie avait une origine biochimique, et pouvait donc se guérir par cette voie, elle ne ferait plus partie des maladies qui autorisent l'internement d'office. En conséquence, la schizophrénie serait alors du domaine des neurologues, et les psychiatres n'auraient donc plus à s'en occuper, pas plus qu'ils ne s'occupent aujourd'hui de glioblastome [tumeur maligne], de la maladie de Parkinson et d'autres maladies du cerveau». |